Comment survivre au trauma ?

Il est des chocs qui font effraction dans notre ciel et viennent figer la vie en nous d’un seul coup…

Témoins ou victimes d’agression, d’accident, d’attentat, de violences sexuelles, de catastrophes, etc.
De nombreuses blessures, certaines plus silencieuses que d’autres, peuvent empêcher le déploiement de notre plein potentiel, nous faire perdre joie de vivre et confiance en nous.
Tout choc émotionnel qui ne parvient pas à trouver sens aura des répercussions importantes, quelquefois même invalidantes, pour ceux qui y sont confrontés.
Impacts majeurs, parfois des années après, sur la santé, la vie émotionnelle, psychique et relationnelle, entravant la capacité à fonctionner normalement dans le quotidien…
 

Poser les mots, s’approcher doucement de ce qui tétanise tout élan de vie et apprivoiser la terreur au contact d’un autre, bienveillant et accueillant.

Une main qui nous aide à nous relever, à oser regarder, marcher un peu, entendre les maux en mots et leur résonance…

Parler et être entendu aide à se reconstruire et à remettre la vie en mouvement.

 
Témoignage  fort, celui de Jean-Paul Mari, à voir ici : « Comment survivre au trauma ? »
« La seule façon de soigner ce trauma, c’est d’en parler, cette rencontre avec la mort, qui vous glace, qui vous sidère, qui vous tue, c’est d’arriver à en parler.
La seule façon de nous en sortir, c’est de mettre des mots et de l’humain.
Il faut regarder la mort en face et si on arrive à faire ça, peu à peu, avec un travail de paroles, on arrive à récupérer notre part d’humanité. Le silence nous tue… »

Jean-Paul Mari est journaliste grand-reporter, psychologue et kinésithérapeute, il a publié des centaines de reportages à l’étranger et plusieurs ouvrages. Il a réalisé un documentaire « Irak, quand les soldats meurent » et un film « Sans blessures apparentes » tiré de son livre du même nom.Créateur et l’animateur du site «grands-reporters.com », il a également publié un roman, « La tentation d’Antoine ».

Transmission des traumas

La transmission intergénérationnelle du trauma

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Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et auteur de nombreux ouvrages, a notamment fait connaître le concept de *résilience.

Pour en savoir plus sur l’homme et son parcours, c’est ici !

S’engager sur un chemin de thérapie, c’est rencontrer notre histoire personnelle, cette histoire qui nous construit, et qui pourtant, parfois, ne nous appartient pas intégralement. C’est un travail d’éclaircissement et de sens, de mise en conscience, grâce auquel nous apprenons à questionner notre récit de vie, à l’apprivoiser. Nous prenons enfin le temps d’entendre ce qu’il a à nous dire sur nous-mêmes, mais aussi sur les générations précédentes, sur toute la lignée familiale.

Les traumas inscrits dans le corps et leurs schémas émotionnels, le manque, l’absence, les douleurs non exprimées, la terreur, les loyautés, les fantômes, les secrets, l’inavouable… tant de choses qui circulent en nous et vont venir colorer notre manière d’être au monde.

Ce n’est qu’au prix de cette mise en lumière délicate et attentive, rencontre courageuse avec nos abîmes et celles de nos aïeux, que nous pouvons retrouver une liberté véritable.

En pansant nos blessures, en pensant notre histoire, nous évitons également, et surtout, de transmettre à nos enfants des événements traumatiques non réglés qui alourdiraient leurs valises avant même qu’ils aient eu le temps de vivre leurs propres expériences…

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Cette passionnante communication de Boris Cyrulnik est à écouter et/ou réécouter avec attention pour prendre la mesure de tous les conditionnements dont nous sommes porteurs et qui agissent en nous.

Vidéo à visionner ici : La transmission intergénérationnelle des traumas.

A lire également les ouvrages d’Anne Ancelin Schützenberger, « Aïe, mes aïeux ! », « La psychogénéalogie. Guérir les blessures familiales et se retrouver soi », « Ces enfants malades de leurs parents ».

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*Résilience« Capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative. »

« Comme dans tout développement, on pourra parler de résilience que longtemps après, lorsque l’adulte enfin réparé avouera le fracas de son enfance. La résilience constitue donc un processus naturel qui se tricote avec ses milieux écologiques, affectifs et verbaux. Chacun d’eux sont tributaires les uns des autres. »

« La résilience : un tricot qui noue une laine développementale avec une laine affective et sociale. »

« La métaphore du tricot de la résilience permet de donner une image du processus de la reconstruction de soi. Mais il faut être clair : il n’y a pas de réversibilité possible après un trauma, il y a une contrainte de la métamorphose. Une blessure précoce ou un grave choc émotionnel laissent une trace cérébrale et affective qui demeure enfouie sous la reprise du développement. Le tricot sera porteur d’une lacune ou d’un maillage particulier qui dévie la suite du maillot. Il peut redevenir beau et chaud, mais il sera différent. Le trouble est réparable, parfois même avantageusement, mais il n’est pas réversible. »

Citations extraites des ouvrages « Un merveilleux malheur » et « Les vilains petits canards ».

 

 

 

Les abus et traumas changent notre ADN

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La recherche scientifique confirme que les abus et traumas laissent une trace dans l’ADN des victimes et va donc se transmettre d’une génération à l’autre, avec des conséquences dans la vie des descendants n’ayant pas subi eux-mêmes ces chocs émotionnels.

De l’importance impérative de prendre soin de ses blessures et traumas, avec l’aide d’un thérapeute, pour ne pas qu’ils soient au contrôle de nos vies et nous empêchent d’être pleinement vivants.

Un acte responsable et aimant pour soi-même, pour ceux qui arrivent après nous, mais aussi pour toute la lignée familiale dont nous faisons partie…

Reportage à voir ici : Les preuves scientifiques des traumatismes dans l’ADN


Précision importante qu’une collègue a porté à ma connaissance : il semblerait que les travaux de l’étude citée dans le reportage aient été falsifiés par le professeur qui en avait la charge.

Néanmoins, d’autres travaux ont été ou sont menés sur le sujet.

« L’épigénétique est le domaine qui étudie comment l’environnement et l’histoire individuelle influent sur l’expression des gènes, et plus précisément l’ensemble des modifications transmissibles d’une génération à l’autre et réversibles de l’expression génique sans altération des séquences nucléotidiques.

Une étude faite sur une population dont étaient référencés tous les individus ainsi que leur alimentation en fonction des récoltes a montré qu’une grand-mère ayant vécu une famine transmet cette information à sa descendance et par conséquent modifie l’ADN de son petit-fils, qui peut développer des maladies alors qu’il n’a jamais connu de famine (1).

De même, les femmes enceintes durant les événements du 11 septembre 2001 ont montré que l’enfant possédait un taux de cortisol plus élevé (2) (…)

(1) Travaux menés par Le généticien clinique Marcus Pembrey (institut de la santé infantile, University college de Londres) et Lars Olov Bygren (Université d’Umea, Suède)
(2) Recherches de Gerard Essed et Rachel Yehuda.

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L’Emory University School of Medicine, située à Atlanta, aurait publiée une étude dans la revue scientifique Nature Neuroscience. « Les expériences d’un parent, même vécues avant la procréation, influencent à la fois la structure et la fonction du système nerveux des générations suivantes », résume l’étude, rapportée par la BBC.

Ces découvertes fournissent la preuve d’un « héritage transgénérationnel épigénétique » par lequel l’environnement affecte la génétique d’un individu et les générations qui le suivent, conclut le Dr Brian Dia, cité par la BBC. « Il ne fait absolument aucun doute que ce qui se passe dans le sperme et dans l’ovule se transmet aux générations subséquentes », ajoute-t-il.

Pour ceux qui maîtrisent l’anglais, une étude ici : http://www.nature.com/news/fearful-memories-haunt-mouse-descendants-1.14272
ou également, un autre article là : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2013/12/02/003-memoire-transmission-generations.shtml

Le sujet reste donc à questionner et à explorer.