Écoutons la vie !

Chers amis,
Ce matin, j’ai lu un texte qui m’a touchée et m’a inspiré les quelques mots que vous trouverez ci-dessous. Ce poème, écrit par Frère Richard, a été traduit de l’anglais et publié le 13 mars dernier sur la page Facebook de Richard Hendrick, « Frère Richard ».
« Verrouillage

Oui il y a peur.
Oui il y a de l’isolement.
Oui il y a de la panique.
Oui il y a de la maladie.
Oui il y a même la mort.
Mais, mais,
On dit qu’à Wuhan après tant d’années de bruit
Vous pouvez encore entendre les oiseaux.
On dit qu’après seulement quelques semaines de calme
Le ciel n’est plus épais avec des fumées
Mais bleu et gris et clair.
On dit que dans les rues d’Assise
Les gens chantent l’un à l’autre
à travers les places vides,
Gardez leurs fenêtres ouvertes
pour que ceux qui sont seuls
Peut-être entendre les sons de la famille autour d’eux.
On dit qu’un hôtel dans l’ouest de l’Irlande
Offre des repas gratuits et livraison à la maison.
Aujourd’hui une jeune femme que je connais
est occupé à répandre des flyers avec son numéro
à travers le quartier
Pour que les aînés aient quelqu’un à appeler.
Aujourd’hui églises, synagogues, mosquées et temples
se préparent à accueillir
et abri les sans-abri, les malades, les fatigués
Partout le monde, les gens ralentissent et réfléchissent
Partout le monde, les gens regardent leurs voisins d’une nouvelle façon
Partout le monde, les gens se réveillent vers une nouvelle réalité
À quel point nous sommes vraiment grands.
À combien peu de contrôle nous avons vraiment.
À ce qui compte vraiment.
À aimer.
Alors nous prions et nous souvenons de ça
Oui il y a peur.
Mais il n’y a pas besoin d’y avoir de haine.
Oui il y a de l’isolement.
Mais il n’y a pas besoin d’y avoir de solitude.
Oui il y a de la panique.
Mais il n’y a pas besoin d’avoir de méchanceté.
Oui il y a de la maladie.
Mais il n’y a pas besoin d’y avoir de maladie de l’âme
Oui il y a même la mort.
Mais il peut toujours y avoir une renaissance de l’amour.
Réveillez-vous aux choix que vous faites pour vivre maintenant.
Aujourd’hui, respire.
Ecoute, derrière les bruits d’usine de ta panique
Les oiseaux chantent à nouveau
Le ciel est en train de déneiger,
Le printemps arrive,
Et nous sommes toujours encompassés par l’amour.
Ouvre les fenêtres de ton âme
Et bien que vous ne soyez peut-être pas capable
pour toucher à travers la place vide,
Chante. »

Lien vers la page de Brother Richard


De tout temps, nous ne faisons que cela, nous ajuster à notre environnement et grandir de ces ajustements. Ce même environnement que l’on ne questionnait plus – nous qui vivons dans des sociétés repues et aisées – et qui aujourd’hui vient ébranler nos sécurités fondamentales.
Recueillement
Tout le florilège des peurs vient secouer nos structures, autant l’organisation systémique de nos sociétés, que nos corps physiques, émotionnels, énergétiques… La peur de mourir, la peur de la maladie, la peur de souffrir, la peur de manquer, la peur de perdre ceux que l’on aime, nos richesses, notre confort… Nous sommes bousculés dans nos fondements.
Aucun de nous n’aime avoir peur… à part peut-être dans les trains fantômes des fêtes foraines ou devant un film.
Alors, il n’en faut pas beaucoup plus pour que le cerveau reptilien nous pousse à nous retrancher derrière nos forteresses. Faire de grosses réserves de nourriture, tenir à grande distance nos voisins ou médire plus qu’à l’accoutumée sur l’étranger que nous croisons dans la rue, se claquemurer tous verrous verrouillés dans nos certitudes individuelles. Folie des hommes.
En matière de forteresses, subtiles ou plus tangibles, nous prouvons chaque jour notre foisonnement créatif.
Je me disais ce matin : « C’est étonnant, les humains meurent de maladie respiratoire et la planète, elle, respire mieux… »
La frénésie consumériste est freinée de façon radicale, l’activité industrielle est mise à l’arrêt, on impose des restrictions de circulation… l’air s’en trouve mécaniquement assaini. Les experts le disent, relaye Le Parisien : le ciel de Chine s’est éclairci. Et si notre ciel intérieur s’éclaircissait, lui aussi ?
Toute crise transforme… Quand ce sont des crises personnelles, ruptures, deuil, maladie, burn-out, faillite, accidents… les épreuves nous amènent à changer de regard, à déconstruire certaines visions trop étroites, certaines rigidités, à revisiter nos schémas, parfois même à changer de vie. Nous nous réinventons, si nous acceptons de tirer enseignement de la traversée. C’est aussi le cas pour les crises qui déstabilisent notre communauté humaine.
Nous sommes en crise, mais pas seulement une crise sanitaire. J’aurais tendance à voir cela comme une crise de croissance… une poussée vers un monde que je rêve plus clair et plus conscient. Et s’il y avait là, pour chacun de nous, une occasion magnifiquement créative de repenser nos façons de vivre, de repenser nos priorités, de voir l’impact central de l’interdépendance sur nos existences ? Vision rêveuse ou simplement gestaltiste…? Nous dépendons les uns des autres et vivons, pour la plupart, comme si cette réalité n’existait pas. Oiseau qui chante
Depuis que j’ai commencé à écrire, j’ai dans la tête l’intemporelle chanson de John Lennon que je vous offre ici à nouveau : « Imagine ».
Que sa douceur et ses voeux de paix vous accompagnent.
Profitons donc de cette période pour nous poser, cuisiner, méditer, respirer, jouer en famille, créer, lire, aimer, appeler nos amis, chanter aux fenêtres comme les Italiens… et tendons l’oreille aux oiseaux et aux humains qui nous entourent.
La vie est là, elle nous invite plus que jamais à être présent au présent.
Arrêtons-nous et chut… écoutons-la.
Prenez bien soin de vous.

Pour respecter les consignes actuelles, les rendez-vous sont maintenus via Skype, WhatsApp ou téléphone. Le fonctionnement en Visio n’enlève rien à la qualité du lien et de l’échange. Quoi qu’il en soit à bientôt, par ici ou par là. Vanessa