La honte

« La phénoménologie insiste sur le fait que ce que l’on appelle « phénomène » ne se limite que rarement à ce qui apparaît, à ce qui est vécu comme un donné. Il est la plupart du temps nécessaire de se livrer à un véritable travail d’explication, de dépli, afin de permettre au phénomène d’apparaître.

Ainsi en est-il de la honte : parfois consciente et éprouvée comme émotion, parfois confondue avec la culpabilité, parfois ressentie sous des formes atténuées comme la pudeur, l’embarras ou la timidité, souvent aussi non consciente, non identifiée, non formulée mais néanmoins essentielle, elle peut alors n’apparaître qu’au terme d’un travail de mise à jour dont la psychothérapie peut fournir l’occasion. Il importe donc de différencier la honte éprouvée, apparentée aux émotions, et la honte essentielle, ou existentielle, qui, comme l’angoisse existentielle, peut constituer un fond permanent, arrière-plan de nombre d’expériences conscientes.

La honte concerne la façon dont nous sommes et avons été accueillis, acceptés et reconnus par notre environnement significatif. Elle désigne un vécu d’indignité, de faiblesse, d’impuissance, d’inadéquation, de dépendance, de fragilité, d’incohérence sous le regard de l’autre : « Tel que je suis, je ne suis pas digne d’appartenir à la communauté des humains. » En cette formulation se trouve résumée la double dimension de l’expérience : une dimension identitaire et une dimension de lien et d’appartenance. La honte est déficit de reconnaissance et, par là même, rupture de lien. »

« Le changement social commence à deux – Études pour la psychothérapie », Jean-Marie Robine et « Psychopathologie en gestalt-thérapie », ouvrage collectif, sous la direction de Gianni Francesetti, Michela Gecele et Jan Roubal, deux ouvrages parus aux éditions l’exprimerie.

 

 

3e Conversations obliques – IFGT

Les 3 et 4 mars 2017 auront lieu les 3e Conversations obliques, organisées par l’Institut Français de Gestalt-thérapie, à Bordeaux.

« Converser, c’est s’entre-tenir… c’est faire un voyage pour se déplacer de son axe habituel et soutenir une rencontre singulière. C’est entrer dans une complexité qui décale, déroute parfois, et en même temps transforme.

Pour converser, il faut se côtoyer, s’associer, se différencier, accueillir l’autre, lui faire place, créer un agencement du ‘je-tu-nous’.

Converser, c’est déjà tout un programme. »

 

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Au programme

Conférences, interviews, tables rondes,
partages cliniques… et performances artistiques

sur le thème :

Depuis plusieurs décennies, les di érents concepts utilisés pour donner quelque contour à l’humain sont brassés, chahutés, contestés, repensés… Sujet ? Personne ? Etre humain ? Personnalité ? Individu ? Identité ? Self ? Soi-même ? Dasein ?…

L’identité est-elle un invariant dans le temps, est-elle éphémère, suis-je ce que je pense que je suis ? L’identité est-elle personnelle, sociale, collective, nationale… ?

En quoi notre conception de l’identité peut-elle déterminer notre posture clinique ?

Différentes approches sont mises en conversation pendant ces rencontres, à partir de regards spécifiques que portent la philosophie, la psychanalyse, la Gestalt-thérapie, et tentent d’éclairer la réalité et l’illusion du « soi ».

Les intervenants :

Jean-Pierre Lebrun, psychiatre, psychanalyste, auteur notamment d’Un monde sans limite (érès, 1997) ; Les désarrois nouveaux du sujet (érès, 2001) ; Avons-nous encore besoin d’un tiers ?(érès, 2006); L’homme sans gravité, entretiens avec Charles Melman (Denoël, 2003 /Folio, 2006), et La perversion ordinaire (Denoël, 2007).

Jean-Marie Robine, psychologue clinicien, gestalt-thérapeute, formateur international, fondateur de l’IFGT. Il est l’auteur d’une centaine d’articles sur la Gestalt-thérapie et de huit livres dont : « Le changement social commence à deux » « Gestalt-thérapie, la construction du soi » (Ed. l’Harmattan), « S’apparaître à l’occasion d’un autre », « Self – Une polyphonie de gestalt-thérapeutes contemporains » « (Ed. l’exprimerie) traduits en plusieurs langues.

Patrick Colin, gestalt-analyste, formateur international, superviseur , auteur de «Philosopher en Gestalt-thérapie, Divers tissements» (paru-tion prochaine Edition l’Exprimerie)

 

Les psys se confient

A écouter ou réécouter « Les psys se confient », sujet de l’émission « La Tête au Carré », sur France Culture :

« Pour la première fois, des psys racontent leur parcours et leur vie intérieure.
Parce qu’ils ont réfléchi à leur passé, à leurs valeurs et à leurs motivations, parce qu’ils exercent un métier qui leur donne accès aux ressorts secrets de nos pensées, leurs récits nous aident à mieux nous comprendre, à changer et à mieux vivre… »
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-les-psy…

« Les psys se confient » – ouvrage paru chez Odile Jacob, sous la direction de Christophe André :

 
Christophe André évoque la révélation de soi.
En gestalt-thérapie, on parle plutôt de dévoilement.

Nombre d’articles ont questionné ce dévoilement et sa pertinence : au service du patient pour nourrir le processus thérapeutique ou utile au thérapeute pour apaiser sa propre anxiété ? De multiples hypothèses se rencontrent ici et amènent à manier le dévoilement avec prudence.

Pour aller plus loin, l’article de Jean-Marie Robine « Quelle figure dévoiler ? » publié, notamment et entre autres, dans la revue Gestalt, n°33, « Se dévoiler », que vous pourrez retrouver gratuitement ici : https://www.cairn.info/revue-gestalt-2007-2-page-25.htm