BD : « Les liens d’attachement », la dépendance affective illustrée

Je viens de faire une chouette découverte : Fannys.

Cette jeune illustratrice « artiste en bien-être » croque les émotions et le cheminement vers le mieux-être, vers la rencontre avec soi-même : ça ne pouvait que me plaire !

Fannys-Liens-dattachement-2

Et bien sûr, elle y parle de bienveillance et d’amour.

Il y a des trésors à explorer et aussi à réfléchir grâce à l’univers de Fannys.

J’ai beaucoup apprécié sa BD sur les liens d’attachement dont je partage ici quelques images. Elle illustre avec humour et poésie la réalité douloureuse de la dépendance affective et la clé essentielle du retour sur soi pour en sortir. Tout simple et si parlant…

Merci Fannys !


La BD est à découvrir ici : Les liens d’attachement : s’en libérer !
Vous pouvez aussi suivre et soutenir Fannys sur Facebook : Fannys, artiste en bien-être

Narcissique ?

NarcissiqueAvec son nouvel ouvrage, « Sauvez votre peau ! Devenez narcissique »Fabrice Midal tord le cou à une idée reçue et ose dire : « Soyez narcissique, ça fait du bien ! »

Lors de mes séances en gestalt-thérapie, je m’entends souvent dire aux personnes que j’accompagne qu’être égoïste n’est pas nécessairement un vilain défaut, une tare dont il faudrait se défaire pour gagner enfin sa place au paradis… La bienséance et notre culture judéo-chrétienne nous susurrent doucement à l’oreille qu’il est de bon ton de se sacrifier pour les autres, et qu’importe qu’on y laisse toutes ses plumes !

Être égoïste, c’est aussi et souvent une étape nécessaire pour retrouver l’équilibre et faire grandir l’estime de soi, c’est décider de se faire une place, décider de se donner à soi-même de l’importance, l’importance juste, celle que l’on donne de préférence et de façon plus naturelle aux autres.

Être narcissique, selon Fabrice Midal, c’est respecter la personne que je suis, sa singularité. Si je prends conscience de la manière dont je me traite, dont je me maltraite souvent, je ne pourrai plus accepter d’être maltraité par les autres, je vais y voir clair sur les situations qui me malmènent et savoir dire non quand ça ne me convient pas. Ce changement de perspective amène à vivre des relations plus saines, et donc plus apaisées. Je peux être ouvert aux autres sans les instrumentaliser et sans me contorsionner pour être quelqu’un que je ne suis pas, puisque je m’autorise à exprimer simplement ce que je suis.

Il ne s’agit pas de devenir le centre du monde et de regarder son beau nombril avec vanité et complaisance… Non, juste faire preuve de patience, se reconnaître, respecter ses besoins et limites, parfois se rencontrer pour la première fois, dans sa vérité pleine et entière. J’encourage mes patients à développer ce regard de compréhension bienveillante vis-à-vis d’eux-mêmes, car cet égoïsme-là est un égoïsme sain.

Si je me respecte et prends en compte mes limites, je vais devenir de plus en plus conscient de mes agissements et de ce qui les motive, je vais devenir de plus en plus responsable aussi de ce que j’offre au monde et aux autres.

En apprenant à m’écouter, j’apprends à écouter vraiment l’autre. Une écoute moins intéressée, pourrait-on dire :  pas à partir de mes manques et de mon besoin de reconnaissance ou de mes blessures et de mon besoin de réparation, ou encore du vide que je ressens et que j’aimerais que tu combles !

Si je te donne, à toi, pour éprouver le sentiment de ma propre existence, je t’investis d’une mission bien périlleuse : celle de définir mes contours et de me faire exister. Ce faisant, je t’investis du pouvoir de me donner vie… Cette lourde charge va générer tôt ou tard des violences au sein de la relation et mettre l’autre en situation de toute-puissance, engageant ainsi sa responsabilité de façon inadaptée.

Les Danaïdes
« Les Danaïdes », John William Waterhouse – 1903

Cette recherche de soi tournée vers l’extérieur ne trouve jamais de repos : la reconnaissance que l’on reçoit, issue de cette dynamique trouble – pour peu qu’elle arrive – tombera dans le vide, le vide que l’on a de soi-même.

Si je ne m’aime pas, si je passe mon temps à me dénigrer, à me juger, à me condamner, comment pourrais-je savoir ce qui est bon pour moi, où et quand s’arrêtent mes frontières ? Où et quand j’ai le droit de dire non ? Ce dénigrement permanent de soi fait le nid des maltraitances et manipulations.

La référence aux Danaïdes, figure de la mythologie grecque, condamnées à remplir sans fin un tonneau troué, prend ici tout son sens… Pour me sentir vivant, légitime et aimable, il me faudra acquérir toujours plus : de biens matériels, de compliments, de preuves d’amour, il me faudra me placer toujours plus haut sur l’échelle sociale, obtenir plus de pouvoir, de connaissance… une quête sans fin qui ne sera jamais rassasiée, tant que je ne me serai pas rencontré avec bienveillance, et c’est là tout le message de Fabrice Midal.

A écouter, sur France Inter : « Grand bien vous fasse »,  Et si le narcissisme avait aussi de bons côtés ?

Oser, c’est vivre !

Zone de confortSe sentir exister pleinement passe par bousculer nos repères, nous confronter à la nouveauté et grandir de nos apprentissages.
Pour retrouver l’estime de soi, se sentir satisfait, on ne peut faire l’économie d’aller se frotter à des situations qui nous mettent en déséquilibre et nous font parfois peur.
Derrière la peur, il y a la joie de se découvrir capable, le constat que nous sommes plus grand, plus créatif, plus audacieux que ce que nos croyances et limites nous font imaginer bien souvent.
Oser, c’est vivre !

L’estime de soi

Extrait de l’ouvrage de Marcelle Thibaudeau, « La première entrevue en psychothérapie » :

La 1re entrevue

« Le degré d’estime de soi est un quelque sorte le corolaire de la qualité du lien établi entre l’enfant et ses parents.

C’est en fait à partir de la qualité de ce lien que chacun se construit une image mentale de ce qu’il est et une autre image de ce qu’il devrait être, ou encore de ce qu’il croit qu’il devrait être. Cette dernière image, on la nomme image idéale du moi.

Le degré de concordance entre l’image de soi et l’image idéale mesure le degré de l’estime de soi. Moins l’écart est grand entre ces deux images, plus l’estime de soi est élevée, et inversement, quand l’écart est grand entre les deux, l’estime de soi est basse.

L’image de soi s’appuie-t-elle sur des réalisations qui rassurent sur la capacité de satisfaire ses besoins fondamentaux et de faire face aux problèmes courants de la vie, elle a des chances d’être objective et relativement stable. Et si, parallèlement, l’image idéale repose sur une raisonnable appréciation de ses aptitudes, de ses talents, légitimant la poursuite de buts conformes a ses intérêts et à ses goûts, on peut alors parler d’équilibre entre l’image de soi et l’image idéale. Et il en résulte un haut degré d’estime de soi.

Mais si l’image de soi est basée en grande partie sur l’opinion d’autres personnes ou sur celle qu’on leur attribue, alors elle peut être sensiblement déformée et même fantasmatique. Par conséquent, l’image idéale de soi est alors le reflet des attentes de ces personnes au sujet de soi ou de celles qu’on leur suppose. Et dans la mesure où la sécurité affective dépend de ces personnes, les conduites sont plus ou moins faussées. On n’agit alors pas toujours selon ses tendances et dans ses propres intérêts. On peut même en arriver à renoncer à ses aspirations ou à poursuivre des buts n’ayant rien à voir avec elles et qu’au fond on ne désire pas vraiment atteindre. Les déboires qui parfois s’ensuivent le prouvent bien.

Lorsque le désir de plaire ou de ne pas déplaire, non seulement aux personnes significatives de sa vie, mais aussi à leurs substituts, supplante le désir de se plaire à soi d’abord, on en acquiert une réputation de gentillesse mais on ne commande pas le respect et on s’expose à différentes formes d’exploitation dont, en dernière analyse, on est responsable, sans en être conscient.

En outre, on dépend pour le maintien de l’estime de soi de témoignages rassurants provenant de sources extérieures. La régularité et la suffisance de ces apports extérieurs n’étant jamais garanties, l’estime de soi est fragile et précaire. D’inévitables frustrations produisent de vagues sensations de fatigue, d’irritation, des symptômes psychosomatiques combinés avec des états dépressifs sporadiques. Si les apports rassurants viennent à manquer totalement, l’estime de soi chute au point zéro et entraîne une dépression souvent accompagnée de pensées suicidaires. »