Être différent – Le court-métrage « Flotte »

Un court-métrage d’animation à savourer !

Honorer la différence et cultiver la joie d’être soi…

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Bobby Rubio, réalisateur de ce court-métrage Pixar intitulé « Flotte » (titre original : « Float »), est le papa d’un enfant différent. L’histoire qu’il a écrite est inspirée de sa propre relation avec son fils autiste
Un père découvre, étonné, que son fils sait voler… Il commence par s’émerveiller, puis il prend peur, contraint par les regards extérieurs, incrédules et hostiles.
Il cloue alors son fils au sol et le cache aux yeux du monde pour ne pas avoir à subir le rejet et le jugement.

Il aura le choix : faire de son fils un prisonnier, l’empêchant d’être lui-même, ou grandir avec lui, en l’aidant à prendre son envol…


Et nous, que choisissons-nous ?

L’amour ?
Porte ouverte sur l’étonnement, l’ouverture et l’enrichissement à l’approche de ce que nous ne comprenons pas, à la rencontre d’univers différents du nôtre ?

La peur ?
Porte ouverte sur le repli sur soi, le rétrécissement et la prise de pouvoir inévitable pour faire de cet autre « différent » un connu moins dérangeant ?

Nous avons toujours le choix.

Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. » A. de St Exupéry

Quand je te rencontre, je me rencontre.
Ce qui fait de toi un être unique m’invite à faire de moi un être unique, parfois en me reliant au même que nous partageons, parfois en me différenciant quand mes réalités s’éloignent des tiennes.

À travers les expériences avec toi, mon autre, je peux percevoir mes limites, mes jugements, mes croyances, mais aussi mes talents, mes facilités, mes qualités.
Tu m’offres à voir mes ombres autant que mes lumières, je t’offre à voir tes ombres autant que tes lumières.
Sans toi, je ne ferais pas l’expérience de moi-même.
Alors, je t’adresse un immense merci, toi, « même-étrange-autre », pour le reflet que tu me tends.
Unknown
Pour visionner « Float », cliquez sur l’image et rendez-vous à la date du 07.12.2019.

Rencontre

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« Car je est un autre »… – Arthur Rimbaud à Paul Demeny (Lettre du Voyant, 15 mai 1871)

L’autre, inconnu et étrange, attirant autant qu’il peut être terrifiant, cet autre que j’ai souvent bien du mal à comprendre, à rejoindre, cet autre, miroir de ce que je suis…

Et si l’apparent autre me permettait de définir mes contours, de poser mes limites, d’affirmer ma couleur, d’éprouver mon être singulier ? Et je te permettais à toi, apparent autre, de définir tes contours, de poser tes limites, d’affirmer ta couleur, d’éprouver ton être singulier ? Notre rencontre nourrit nos existences.

Sans toi que je découvre et qui m’interpelle par ta façon différente d’être au monde, sans toi qui viens questionner et bousculer la manière dont j’ai construit mon univers particulier, comment pourrais-je savoir qui je suis ? comment pourrais-je savoir comment j’existe ? Sans toi, je n’apparais vraiment ni à moi-même, ni aux autres.

Magie de la vie qui nous fait arpenter, toi et moi, ce chemin-là, à cet instant précis, lui aussi unique… Observation pantoise du mouvement de nos deux couleurs qui se cherchent… Et voilà que l’on se surprend à imaginer les ponts que l’on tissera peut-être, apprivoisant nos frontières respectives, jusqu’à unir nos bulles pour donner vie à une forme nouvelle, une pensée ou une couleur inattendue, toi et moi transformés par le choc de nous.

Parce que c’était toi, parce que c’était moi*… ce télescopage soudain vient nous saisir au cœur du confort de nos repères habituels, et si nous acceptons de nous laisser toucher, ce saisissement nous révèle des parts de nous-mêmes jusque-là insoupçonnées.

* « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi », célèbre formule de Montaigne évoquant son amitié avec La Boétie.