BD : « Les liens d’attachement », la dépendance affective illustrée

Je viens de faire une chouette découverte : Fannys.

Cette jeune illustratrice « artiste en bien-être » croque les émotions et le cheminement vers le mieux-être, vers la rencontre avec soi-même : ça ne pouvait que me plaire !

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Et bien sûr, elle y parle de bienveillance et d’amour.

Il y a des trésors à explorer et aussi à réfléchir grâce à l’univers de Fannys.

J’ai beaucoup apprécié sa BD sur les liens d’attachement dont je partage ici quelques images. Elle illustre avec humour et poésie la réalité douloureuse de la dépendance affective et la clé essentielle du retour sur soi pour en sortir. Tout simple et si parlant…

Merci Fannys !


La BD est à découvrir ici : Les liens d’attachement : s’en libérer !
Vous pouvez aussi suivre et soutenir Fannys sur Facebook : Fannys, artiste en bien-être

La méditation : une révolution dans le cerveau

La méditation, tradition millénaire, a connu un essor considérable depuis une quinzaine d’années et c’est aujourd’hui devenu un sujet incontournable.
Au-delà des effets de mode et des inévitables récupérations commerciales qu’ils génèrent, méditer permet bien de stabiliser les émotions et de calmer le flux incessant, parfois envahissant, des pensées.
Rapidement, avec une pratique régulière, on constate moins de ruminations et moins d’intensité dans l’anticipation anxieuse d’une situation.
Notre humeur s’améliore, nous sommes plus calme, plus stable, et notre attitude face à la vie devient plus positive.
Méditation
Morceaux choisis du documentaire :
  • 60 000 pensées se forment chaque jour dans notre esprit, un. zapping permanent…
  • Le cerveau est une formidable machine à produire de la fiction. Il produit une fiction tellement réelle que quand vous imaginez une scène déplaisante, votre coeur s’accélère, vos muscles se tendent. Vous croyez que c’est la réalité.
  • Il arrive que le cerveau soit bloqué sur la mauvaise fréquence : les sentiments d’échec et de culpabilité reviennent en boucle et les pensées se transforment en ruminations.
  • 10 minutes de méditation chaque jour suffirait pour réduire le stress et ses effets néfastes sur la santé.
  • En agissant au coeur de nos cellules, cette gymnastique mentale aurait le pouvoir d’allonger l’espérance de vie : une cure de jouvence et un espoir pour prévenir certaines pathologies du cerveau.
  • La méditation agit sur la plasticité du cerveau.
  • Tout ce que vous apprenez, tout ce que vous vivez, va avoir un impact sur les structures de votre cerveau, la densité de matière grise ou l’épaisseur du cortex va se modifier, en fonction des expertises que vous allez acquérir.
  • La méditation agirait comme une gymnastique capable de muscler certaines aires cérébrales et ralentirait ainsi le vieillissement du cerveau. Plus étonnant encore, cette cure de jouvence agirait même au coeur de nos cellules.

Méditer, c’est cultiver la pleine présence à ce qui est et s’offrir la paix.
Avec les charges quotidiennes qui pèsent sur nos vies, les exigences d’une société en quête de toujours plus, de réactivité, de performance, les sollicitations nombreuses et permanentes, la diversité des émotions qui nous traversent et nous bousculent, calmer notre mental n’est pas un luxe, c’est une nécessité absolue et le plus beau cadeau que l’on puisse se faire.
Alliée santé et amie de notre bien-être, c’est maintenant prouvé, mais la méditation, c’est aussi s’engager pour le bien-vivre du monde dans lequel on évolue.
Se changer pour changer le monde, ça peut commencer par s’accorder 5 minutes quotidiennes pour se poser, observer ses pensées et respirer en conscience.

Alors, on n’hésite plus, on cajole son cerveau :
on s’assoit et on s’offre une pause ! 🙂
Le lien vers le documentaire : Méditation : une révolution dans le cerveau
Le lien vers le débat : Enquête de santé – France 5

Colloque FF2P : Précarité psychique

Précarité psychique et son incidence

dans notre approche la personne en thérapie

Précarité FF2P

Précarité psychique : quelle est la part du psychopraticien ?

 La précarité a été pensée par le philosophe, le sociologue, le politique. Il s’agit lors de ce 33e colloque de la FF2P de donner toute sa place au praticien de la psychothérapie qui, par son approche de soignant, peut prendre part à l’étude de ses caractéristiques psychiques et psychothérapeutiques.

La précarité moderne s’inscrit dans un contexte inédit qui ne peut être confondu avec la vulnérabilité « normale », passible de chaque existence.

Elle se généralise et devient un problème de société ; il est clair que le professionnel de la psychothérapie fait partie des personnes ressources vers lesquelles se tourner pour mieux être à l’écoute et saisir les situations à chaque fois singulières et ainsi prendre soin.

Objectiver la précarité dans un contexte psychique n’exclut pas ses autres champs d’appartenance tels que le politique, le social et l’économique pour ne citer que les plus prégnants.

Dès lors, analyser la précarité dans ses représentations  et manifestations psychiques ne sous-entend  pas de mettre à distance ses autres dimensions et ne  déresponsabilise pas ses autres interférences  en affaiblissant leur impact, voire en les dédouanant.

Quelle est la part du psychopraticien face à une personne en situation de précarité ? L’analyse identitaire lui permettra certes de changer ce qui peut l’être tout en acceptant l’extériorité de sa situation. La particularité du psychopraticien est qu’il ne désocialise ni ne dépolitise le regard porté sur les processus de précarisation ; l’histoire personnelle n’est pas réductible à son champ psychique.

Pour autant, peut-on en tirer une règle générale ? Le psychopraticien n’est pas dissociatif quel que soit le contexte dans lequel il intervient. Contrairement aux autres approches médicales, économiques et sociales, la relation singulière telle qu’elle peut être vécue en psychothérapie est la seule à tenir compte de « l’être », de son  identité et de sa singularité.

La situation d’urgence associée à cette précarité exige des expertises et notamment une expertise psychologique ; la nécessité de connaître la réalité psychique caractéristique de la précarité est un préalable à toute prise de décision et donc à toute action quel que soit son domaine d’intervention politique, social ou économique.

Ces 2 jours de colloque nous aideront à mieux saisir ce qu’est la précarité psychique tout en la replaçant dans son contexte actuel : est-elle une simple crise de l’existence individuelle ou s’amplifie-t-elle aujourd’hui pour devenir un problème de société ? Tous les intervenants choisis nous apporteront leur expertise dans des domaines volontairement diversifiés, en privilégiant la description d’exemples concrets.

Nous ne sommes  pas seulement invités à un travail d’écoute des conférences, mais également à une participation active par vos questions à l’issue des conférences et lors des tables rondes. Cette année nous avons invité une compagnie de théâtre forum ainsi que des peintres des rues qui nous feront saisir la précarité dans des situations existentielles concrètes.

Informations pratiques pour ce colloque sur le site de la FF2P : Précarité psychique

Narcissique ?

NarcissiqueAvec son nouvel ouvrage, « Sauvez votre peau ! Devenez narcissique »Fabrice Midal tord le cou à une idée reçue et ose dire : « Soyez narcissique, ça fait du bien ! »

Lors de mes séances en gestalt-thérapie, je m’entends souvent dire aux personnes que j’accompagne qu’être égoïste n’est pas nécessairement un vilain défaut, une tare dont il faudrait se défaire pour gagner enfin sa place au paradis… La bienséance et notre culture judéo-chrétienne nous susurrent doucement à l’oreille qu’il est de bon ton de se sacrifier pour les autres, et qu’importe qu’on y laisse toutes ses plumes !

Être égoïste, c’est aussi et souvent une étape nécessaire pour retrouver l’équilibre et faire grandir l’estime de soi, c’est décider de se faire une place, décider de se donner à soi-même de l’importance, l’importance juste, celle que l’on donne de préférence et de façon plus naturelle aux autres.

Être narcissique, selon Fabrice Midal, c’est respecter la personne que je suis, sa singularité. Si je prends conscience de la manière dont je me traite, dont je me maltraite souvent, je ne pourrai plus accepter d’être maltraité par les autres, je vais y voir clair sur les situations qui me malmènent et savoir dire non quand ça ne me convient pas. Ce changement de perspective amène à vivre des relations plus saines, et donc plus apaisées. Je peux être ouvert aux autres sans les instrumentaliser et sans me contorsionner pour être quelqu’un que je ne suis pas, puisque je m’autorise à exprimer simplement ce que je suis.

Il ne s’agit pas de devenir le centre du monde et de regarder son beau nombril avec vanité et complaisance… Non, juste faire preuve de patience, se reconnaître, respecter ses besoins et limites, parfois se rencontrer pour la première fois, dans sa vérité pleine et entière. J’encourage mes patients à développer ce regard de compréhension bienveillante vis-à-vis d’eux-mêmes, car cet égoïsme-là est un égoïsme sain.

Si je me respecte et prends en compte mes limites, je vais devenir de plus en plus conscient de mes agissements et de ce qui les motive, je vais devenir de plus en plus responsable aussi de ce que j’offre au monde et aux autres.

En apprenant à m’écouter, j’apprends à écouter vraiment l’autre. Une écoute moins intéressée, pourrait-on dire :  pas à partir de mes manques et de mon besoin de reconnaissance ou de mes blessures et de mon besoin de réparation, ou encore du vide que je ressens et que j’aimerais que tu combles !

Si je te donne, à toi, pour éprouver le sentiment de ma propre existence, je t’investis d’une mission bien périlleuse : celle de définir mes contours et de me faire exister. Ce faisant, je t’investis du pouvoir de me donner vie… Cette lourde charge va générer tôt ou tard des violences au sein de la relation et mettre l’autre en situation de toute-puissance, engageant ainsi sa responsabilité de façon inadaptée.

Les Danaïdes
« Les Danaïdes », John William Waterhouse – 1903

Cette recherche de soi tournée vers l’extérieur ne trouve jamais de repos : la reconnaissance que l’on reçoit, issue de cette dynamique trouble – pour peu qu’elle arrive – tombera dans le vide, le vide que l’on a de soi-même.

Si je ne m’aime pas, si je passe mon temps à me dénigrer, à me juger, à me condamner, comment pourrais-je savoir ce qui est bon pour moi, où et quand s’arrêtent mes frontières ? Où et quand j’ai le droit de dire non ? Ce dénigrement permanent de soi fait le nid des maltraitances et manipulations.

La référence aux Danaïdes, figure de la mythologie grecque, condamnées à remplir sans fin un tonneau troué, prend ici tout son sens… Pour me sentir vivant, légitime et aimable, il me faudra acquérir toujours plus : de biens matériels, de compliments, de preuves d’amour, il me faudra me placer toujours plus haut sur l’échelle sociale, obtenir plus de pouvoir, de connaissance… une quête sans fin qui ne sera jamais rassasiée, tant que je ne me serai pas rencontré avec bienveillance, et c’est là tout le message de Fabrice Midal.

A écouter, sur France Inter : « Grand bien vous fasse »,  Et si le narcissisme avait aussi de bons côtés ?

Se libérer de la pression du temps

Se foutre la paix, comme l’a écrit Fabrice Midal*, c’est aussi accepter que nous ne pourrons pas tout faire.

La course contre la montre

 

Se libérer de la pression du temps, arrêter de courir après l’expérience suivante, celle que je n’ai pas encore vécue, celle-ci justement qui manque à mon tableau de chasse et sans laquelle je me raconte que je ne suis pas encore tout à fait complet, pas suffisamment accompli…

 

 

 

 


Christophe André  (Source : Le 1) :  Se libérer de la pression du temps


Renoncer à vouloir faire à tout prix, au prix de ma paix souvent, à vouloir acquérir plus, à vouloir être ceci ou cela… renoncer et sourire en regardant combien je plie sous le poids des exigences qui m’enserrent.

Est-ce vraiment aussi grave que je l’imagine ? Et si j’acceptais de ne pas tout voir, de ne pas tout vivre, de lâcher la volonté et le contrôle ?

Je pourrais tout aussi bien décider aujourd’hui, à l’instant même, de me regarder avec bienveillance et de sourire de mes tensions, simplement respirer et goûter enfin la vie qui m’anime, admirer sa beauté, sa simplicité, son incroyable intelligence. Elle, n’a aucunement besoin que je sois au contrôle…

Et vous, que décidez-vous pour aujourd’hui ? Rester  sous pression etne rien lâcher ou… danser avec la vie ?

*Fabrice Midal : « Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre » 

Doc : « La mécanique du burn-out »

« Généralistes et médecins du travail sont de plus en plus consultés pour des troubles psychosociaux ou du comportement et de moins en moins pour des difficultés physiques. Le mal-être psychique est devenu le premier motif de visite du réseau « Souffrance et Travail » qui couvre la France. Avec le stress, le harcèlement moral ou sexuel en entreprise et les violences au travail, le burn-out est devenu l’un des nouveaux risques pour la santé mentale, physique et sociale encouru dans notre société ; il serait même en explosion : trois millions d’actifs touchés ? Un tiers des salariés ? Plutôt 300 000 ?

Sa définition reste floue et une mission d’information parlementaire a lancé des travaux en 2016 pour la préciser et dresser un état des lieux de l’épuisement professionnel en France. Son rapport a été publié mi-février 2017. Le sujet a émergé au même moment dans le discours public : le candidat socialiste  à la présidentielle Benoît Hamon a fait de la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle l’une de ses propositions, tandis que la Haute Autorité de Santé a établi des recommandations à l’égard des médecins pour la prise en charge de ce trouble en expansion.

Le burn-out n’a pas d’existence médicale, pourtant, il s’agit d’une forme de dépression, qui peut s’accompagner de stress post-traumatique et de troubles psychosomatiques.

Et si tout le monde peut être touché, certains parviennent moins facilement à convoquer les ressources qu’ils ont en eux. Pourquoi ? Qu’est-ce que ce phénomène dit de nous ? Qu’est-ce que ce phénomène dit de notre société ? Que peut-on faire pour éviter une telle souffrance et un tel gâchis de compétences ?

La mécanique burn-out montre cette dépression que l’on appelle burn-out n’est pas une fatalité du XXIe siècle, à condition de réfléchir – individuellement et collectivement – à notre manière de travailler. »

Extrait du site « Souffrance au travail »


mecanique-burn-out_France5« De plus en plus fréquent, le burn-out n’a pourtant pas d’existence médicale. Pour comprendre cet effondrement professionnel mais également personnel, ce documentaire donne la parole à ceux qui l’ont éprouvé dans leur chair et dresse un état des lieux alarmant du monde du travail.

« Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. » « J’allais droit dans le mur. » « Et le mur, je l’ai pris en pleine poire »… Ils sont cadre bancaire, cuisinier, assistante sociale, berger ou encore responsable associatif, et le travail qu’ils aimaient a fini par les mettre à terre. « C’est comme si on traversait un feu. On ne voit rien extérieurement, mais à l’intérieur on est dévasté », explique Brigitte. Ce mal qui ronge les salariés, c’est le burn-out. Pour Danièle Linhart, sociologue du travail, « c’est un effondrement, une remise en question tellement importante de soi, de la confiance qu’on peut avoir en soi, de ce que l’on représente, de la valeur qu’on a. Elle est si violente qu’on ne peut plus retourner au travail. »

Afin de comprendre l’origine, les étapes et les caractéristiques de cette dépression particulièrement brutale liée au milieu professionnel, la réalisatrice Elsa Fayner a recueilli les témoignages de cinq « machines de guerre » au travail qui se sont effondrées : Brigitte, Hélène, Thierry, Frédéric et Jacques. Avec pudeur, chacun revient sur le jour où leur cerveau a dit stop et tous évoquent un état d’épuisement profond. Ils racontent leurs symptômes — troubles de mémoire, problème de concentration, perte de poids soudaine, anxiété… —, les conséquences sur leur santé, ainsi que leur lente et difficile reconstruction. Ils essayent aussi de saisir les causes de leur chute et soulignent une surcharge de travail, mais aussi des problèmes d’organisation ou managériaux, un manque de reconnaissance ou encore un conflit de valeurs.

Des méthodes de management toxiques

Cette souffrance psychique qui touche des salariés d’entreprises de secteurs et de tailles différentes n’est-elle pas aussi révélatrice de dysfonctionnements et de l’évolution des méthodes de management ? « On rend l’expérience et les compétences des salariés obsolètes par la pratique du changement permanent, condamne Danièle Linhart. On restructure les services sans cesse. On recompose les métiers sans arrêt. On change les logiciels. On impose des mobilités systématiques, des déménagements. On externalise, on réinternalise. Bref, on crée un mouvement perpétuel qui brouille tous les repères et qui fait que toute l’expérience constituée auparavant ne sert plus à rien. […] C’est une logique qui est véritablement stratégique, pour faire en sorte que les salariés ne puissent pas s’opposer ou résister à ces nouvelles manières de travailler qui ont été concoctées par des cabinets d’experts et qu’ils soient obligés de se conformer strictement à la manière dont on veut qu’ils travaillent. Parce que c’est cela qui reste l’enjeu fondamental de la mise au travail capitaliste. » Depuis 2002, l’employeur a pourtant l’obligation de « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».* Mais alors que le burn-out est souvent vécu comme une véritable crise existentielle pour le salarié, peu d’entreprises acceptent de remettre en question leur organisation.

Amandine Deroubaix

* Art L. 4121-1 du Code du travail. Loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002.

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MORCEAUX CHOISIS

Hélène Fléchet, assistance sociale

« J’avais l’impression d’être un peu une technicienne, et ce n’est pas possible avec des êtres humains. »

« Quand j’ai rencontré pour la deuxième fois le médecin du travail après deux mois d’arrêt, elle m’a parlé de l’inaptitude au poste. Elle a pris des gants pour me le dire, parce que le mot “inapte”, on se le prend bien dans la figure. On a fait ça pendant neuf ans et, du jour au lendemain, on n’est plus capable de faire ce travail-là. »

Brigitte Kuntz, cadre de banque

« J’ai fait un semi-coma. Quand je me suis réveillée, j’avais perdu la vue, je n’entendais presque plus rien. »

« Ce n’est pas de la fatigue, c’est de la vieillesse. C’est l’usure complète du corps, du système nerveux, de tous les organes. »

« Il n’y avait personne pour mon départ, alors que j’avais travaillé plus de dix ans dans cette boîte. Juste une secrétaire qui m’a donné le contrat à signer, et c’était fini. »

Thierry Machard, berger

« Mon cœur est descendu en dessous des 50 pulsations par minute. Mon corps avait décidé que c’était le moment d’hiberner. »

« Mon troupeau a été plusieurs fois l’objet d’attaques de chien, donc je m’étais armé. Je n’aime pas en parler, mais j’ai été obligé de laisser le fusil chez quelqu’un pour être sûr de ne pas m’en servir. »

Jacques Le Barbier, chef cuisinier

« Dans mon éducation, il y a un côté pervers en ce qui concerne le travail. Quelqu’un qui ne travaille pas, c’est un faignant. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais été en arrêt de travail. J’ai été éduqué comme ça : on ne s’arrête pas de travailler. »

« Je ne vis pas spécialement bien mon arrêt de travail, parce que je me sens un peu inutile vis-à-vis de la société, de ma femme. J’en souffre. Ce n’est pas de gaieté de cœur. »

Frédéric Amiel, ex-responsable associatif pour la Cop 21

« D’une part, j’avais plein de contingences extérieures qui pesaient sur mon travail et qui m’empêchaient de le faire : projets de manifestations annulés, contraintes importantes de la préfecture et stress après les attentats. Mais en plus, en interne, j’avais ce que j’ai appelé le syndrome de la porte fermée, c’est-à-dire qu’ils s’étaient mis à prendre les décisions sans m’associer à la discussion. »

« Je suis heureux aujourd’hui. Je ne suis pas en dépression, mais c’est plutôt cette incapacité à imaginer la suite que je vois plus comme une tristesse. J’ai perdu un truc. »

Samuel Michalon, psychologue du travail

« Dans les facteurs d’émergence de l’épuisement professionnel, il y a l’exposition au stress chronique, mais aussi l’amour de l’activité, ce que l’on appelle l’investissement au travail. Ce sont des individus qui aiment leur activité, il y a donc un lien affectif. »

Danièle Linhart, sociologue du travail

« Le salarié vertueux, il est flexible, mobile, disponible, loyal, il vise l’excellence, il s’engage à fond, mais surtout, et on ne l’a pas assez dit, c’est celui qui accepte de se remettre en question, de prendre des risques et même de se mettre en danger. »

Robert Neuburger, psychiatre, psychanalyste

« Il y a beaucoup d’entreprises qui vous demandent de vous investir totalement, il ne faut pas. Il faut garder quelque part une petite lumière, un endroit où on récupère, où vous vous sentez bien. Bien entouré et confortable. »

« La liberté de l’humain, c’est de pouvoir choisir ses aliénations. »

Extrait du site « Francetvpro.fr »

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Le lien vers le documentaire : La mécanique du burn out

Le lien vers le débat : Le monde en face


A propos de souffrance au travail, Bordeaux accueillera le 11ème Congrès international sur le harcèlement au travail : Mieux comprendre le harcèlement au travail dans un monde en mutation”, du 6 au 8 juin 2018, avec la présence de Marie-France Hirigoyen, auteur, entre autres, de « Le harcèlement moral dans la vie professionnelle » ou encore « Abus de faiblesse et autres manipulations ».

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« Depuis les premières études sur le harcèlement, toutes les recherches ont pointé la gravité de cette violence et ses conséquences désastreuses tant sur la santé et l’identité des salariés ciblés que sur la bonne marche des organisations, cependant le harcèlement se perpétue même dans les pays qui ont des lois spécifiques. Si les dirigeants commencent à prendre des mesures pour lutter contre le stress au travail, ils ne savent pas bien repérer le harcèlement qu’ils jugent trop subjectif.

Mais la situation s’est complexifiée. Même si le harcèlement moral est une problématique interpersonnelle, elle dépend également à la culture organisationnelle et au climat de travail. Les nouveaux modes d’organisations du travail centrés sur la performance financière ainsi que les mutations de la société, ont fragilisé les salariés qui peuvent se sentir « harcelés ». Or nous rencontrons des cas où les méthodes de gestion elles-mêmes viennent à bafouer le respect qui est dû à chaque salarié et à dégrader leur santé, réalisant ainsi du harcèlement « managérial ». Cela nous amène à réinterroger les limites entre le harcèlement moral stricto sensu et un management harcelant. Même si le harcèlement est un risque parmi d’autres souffrances au travail, la nature particulière du harcèlement le différencie d’autres risques psychosociaux.

Le 11ème Congrès de l’International Association for Workplace Bullying and Harassment (IAWBH) se propose d’explorer la complexité du phénomène de harcèlement moral en prenant en compte la transformation du travail (nouvelles formes de travail, nouvelles organisations, nouvel environnement) et les mutations de la société moderne.

Soyez les bienvenus au 11ème Congrès de l’IAWBH à Bordeaux, ville incontournable à 2 heures de Paris avec le TGV. Déjà connu pour son art de vivre et sa gastronomie, Bordeaux est entouré par la région viticole la plus célèbre du monde et vient d’ouvrir un grand musée du vin, la « Cité du Vin ». Bordeaux est aussi connu pour son patrimoine architectural exceptionnel. C’est une métropole dynamique attirant près de 80 000 étudiants et des chercheurs de tous les pays. Si vous le souhaitez, les activités additionnelles proposées vous permettront de découvrir ce riche patrimoine.

Marie-France Hirigoyen et Loïc Lerouge »

Précisions sur le site dédié : Mieux comprendre le harcèlement au travail

 

Cerveau et psychothérapie

Article écrit par Joris Vanlerberghe pour Prévention Santé

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« Prenons pour exemple la psychanalyse. La psychanalyse est une méthode d’investigation de l’esprit mise au point par Freud dans les années 1900 – 1940. L’absence d’outils permettant de visualiser le fonctionnement cérébral était alors un frein concernant les possibilités de compréhension du cerveau. Ceci n’a heureusement pas arrêté Freud, très désireux d’apprendre et de comprendre le fonctionnement psychique humain. Il propose alors des théories qui vont bouleverser la psychologie d’aujourd’hui, et notamment la psychologie clinique.

La psychanalyse, une psychothérapie

Adepte du divan, du retrait et du libre parler de l’inconscient, il fut l’un des premiers à mettre le patient en souffrance psychique au centre d’une nouvelle technique qu’il appellera alors la psychanalyse.

Moi, ça, surmoi, pulsion de mort, complexe d’œdipe, sexualité infantile, pulsions sexuelles… Tant de mots aujourd’hui acquis dans le vocabulaire des « psys ». Pourtant souvent décriée, la psychanalyse ne permettant pas d’être étudiée de façon scientifique, elle apparaît pour certain comme inutile, dangereuse, voir dogmatique. En réalité, nous savons aujourd’hui que la psychanalyse aide certaines personnes à aller mieux. Jusqu’aux années 2000, nous ne savions pas réellement comment la psychothérapie pouvait aider un patient à aller mieux.

C’est à l’aide d’une conférence d’un grand psychanalyste, neuropsychiatre, éthologue que  je vais appuyer mon article : Le Dr. Boris Cyrulnik.

Le cerveau dans la douleur

Lorsqu’une personne se retrouve en situation d’isolement sensorielle (décès d’un proche, malheureux, dépressif, etc.) on peut voir que les fibres préfrontales ne sont plus stimulées. L’arborisation préfrontale s’arrête donnant l’impression qu’il y a une atrophie, qui, en fait, n’en est pas vraiment une. Effectivement, la réorganisation du milieu (sensoriel) permet aux fibres préfrontales de se redresser et donc cette « fausse-atrophie» disparaît.

Une des choses les plus importantes à comprendre ici, c’est que la forme du cerveau dépend de la structure du contexte. C’est là que la psychothérapie prend forme. En d’autres termes, le fonctionnement du cerveau dépend de l’environnement. Par exemple, une personne parfaitement saine perd son conjoint, alors les fibres préfrontales s’affaisseront.

Le cerveau et la psychothérapie

On va aller plus loin dans l’explication neuro-scientifique et comprendre les conséquences de fibres préfrontales « atrophiées ». Je vais parler un instant de l’amygdale. L’amygdale est le socle neurologique des émotions. Elle fait partie du système limbique qui est impliqué dans la reconnaissance et l’évaluation de la valence émotionnelle des stimuli sensoriels, dans l’apprentissage associatif et dans les réponses comportementales et végétatives associées en particulier dans la peur et l’anxiété.

C’est-à-dire que les fibres préfrontales saines vont venir inhiber en quelque sorte les informations sensibles. Non pas dans le sens de donner moins d’informations, mais plutôt amortir leur valence émotionnelle. Le problème serait plutôt pour une personne chez qui ces fibres préfrontales seraient en quelque sorte « atrophiées ».

En effet, vous l’aurez compris, elles ne pourront plus « amortir » le choc émotionnel et donc la moindre information devient pour l’amygdale une alerte intense. Ce qui veut dire que pour une personne ayant ce type de cerveau, le moindre événement est un trauma.

Alors que pour une personne ayant les fibres préfrontales saines, la même information sera par exemple une invitation au jeu, à l’exploration. Ce qui va détruire l’un, va être une information futile pour l’autre.

L’expérience de Mario de Beauregard :

Participant à l’expérience : 30 – 50 personnes / Formation de 3 groupes

1 – Dépression profonde avec psychothérapie, avec IRM 2 – Dépression profonde sans psychothérapie, avec IRM 3 – Parfaite santé, avec IRM.

Groupe 1 : Dépression profonde : IRM + psychothérapie et au bout de quelques mois : Contrôle avec IRM

Le travail de psychothérapie était le suivant : remémoration, imagination, représentation. Résultats : on voit qu’après 3 mois leur cerveau ne fonctionne plus de la même manière. Il y a la partie dorsale du lobe frontal s’est regonflé et consomme de l’énergie.

La partie antérieure de l’Aire Singulaire Antérieure se remet à fonctionner alors que lorsqu’il était déprimé la partie frontale était éteinte et c’était la partie postérieure de l’Aire Singulaire qui consommait de l’énergie. Ce qui veut dire que le cerveau a pris l’habitude de fonctionner différemment sous le simple effet de la psychothérapie.

C’est-à-dire que le milieu agit sur notre fonctionnement cérébrale, mais qu’à l’inverse, on peut agir sur le milieu pour qu’il agisse de manière différente sur notre fonctionnement cérébral ainsi, on ne voit plus le monde de la même manière.

Groupe 2 : Dépression profonde, mais refus de la psychothérapie, contrôle quelques mois plus tard

Le fonctionnement du cerveau n’a pas changé.

Groupe 3 : Parfaite santé : contrôle en même temps que les deux autres groupes, puis quelques mois plus tard, le fonctionnement du cerveau n’a pas changé.

Mario de Beauregard, auteur de cette expérience, a fait plusieurs cohortes, et quelle que soit la méthode psychothérapique les résultats sont les mêmes : qu’il s’agisse de la psychanalyse, de thérapie comportementale, etc. L’intérêt de la psychothérapie, c’est de faire l’effort de remémoration, de parole, d’anticipation, d’imagination.

Lorsque l’on raconte sa vie à un psychologue, on fait un effort d’imagination, d’anticipation, de traitement des images, de parole, de réflexion. C’est cet ensemble d’actions qui va venir structurer le cerveau, le modifier. »

Références :

Plus d’informations sur la neuroplasticité et la dépression : http://www.neuroplasticite.com/mecanismes-neuroplasticite/depression/

Plus d’informations sur la neuro-imagerie : http://www.soutien-psy-en-ligne.fr/blog/neurosciences-therapie/

La conférence de Boris Cyrulnik : Cerveau et psychothérapie

Méditation et thérapie – Christophe Fauré

Ne plus résister, cesser de lutter contre ce que l’on ne peut changer, s’abandonner à ce qui est…
C’est parfois au coeur des tempêtes que l’on peut faire l’expérience directe de soi, de quelque chose de plus grand, au-delà des constructions que nous avons de nous-mêmes, ce « qui je suis » social, familial, professionnel.


Un regard profond, magnifiquement humain et spirituel, qui invite à penser autrement les expériences douloureuses.

Je vous invite à visionner ce partage passionnant du Dr Christophe Fauré, psychiatre et psychothérapeute, spécialisé dans l’accompagnement des ruptures de vie  : Méditation et thérapie.

Auteur de nombreux ouvrages, il est ici invité par l’École occidentale de méditation.

« La vie après le suicide d’un proche »

Un documentaire délicat réalisé par Katia Chapoutier.

« Autour de ce deuil si singulier qu’est le suicide d’un proche, des parents et des compagnons témoignent de leur douloureux chemin vers la reconstruction.

LA VIE APRES LE SUICIDE D'UN PROCHEIl y a un an, cinq ans ou dix ans, leur enfant, leur compagnon ou leur(s) frère(s) se sont suicidés. C’est de ce deuil bien singulier qu’Elisabeth, Paul, Anne-Cécile et onze autres « parents » ont souhaité témoigner. Avec beaucoup de dignité, mais sans fard ni tabou. De la découverte du corps à l’intense culpabilité, de l’obsession envahissante de comprendre « pourquoi » à la colère, avec aussi le sentiment de honte… ces endeuillés-là traversent des épreuves difficiles à concevoir pour qui n’est jamais passé par là. Beaucoup d’entre eux parviennent pourtant, après un long et douloureux chemin, à retrouver peu à peu goût à la vie. Une étude de l’Observatoire national du suicide estime qu’une personne sera confrontée, dans une période de quarante ans, au décès par suicide d’une à trois personnes de son entourage immédiat. Il y a, dans ce film, des paroles qui nous hantent, tant est perceptible l’idée qu’en effet personne ne peut être à l’abri d’un tel drame.

« Si chaque deuil est unique, il est possible d’établir des passerelles entre nos histoires » : Katia Chapoutier, dont la propre sœur s’est suicidée il y a onze ans, leur a tendu la main en leur proposant de faire de son film une aventure collective. Tout en optant pour une facture très classique, elle a réalisé un film choral, dans lequel la parole de l’un est prolongée par celle d’un autre. Au risque de nous frustrer de ne rester mieux et plus avec ces témoins dont la qualité de parole est exceptionnelle. »

Documentaire diffusé sur France 5 dans « Le monde en face », suivi d’un débat. 

A lire également l’ouvrage de Katia Chapoutier :

Suicide Katia Chapoutier

Les étonnantes vertus de la méditation

En apaisant nos esprits, la méditation modifie durablement de nombreuses régions de notre cerveau et stimule la neuroplasticité, la capacité de notre cerveau à acquérir de nouvelles notions et à abandonner des schémas de pensées inadéquats, la capacité à se renouveler… Le cerveau se modifie avec l’expérience et l’entraînement.

« La méditation est une position d’observateur bienveillant, on cherche à se rendre présent. » Christophe André

L’impact de la méditation sur notre humeur, nos modes de fonctionnement, notre façon de regarder le monde et notre santé est considérable.

Médit grenouille

C’est simple, gratuit, praticable partout, avec des formes diversifiées… La prière est une méditation, marcher ou faire la vaisselle en conscience est une méditation, s’habituer à être présent à l’instant est une méditation, faire du yoga est une méditation…

C’est facile à mettre en place et les bienfaits sont innombrables ! Voilà une pratique à la portée de tous qui permet de reprendre le pouvoir sur sa vie, en agissant sur son psychisme et sur sa santé. Alors…

… et si pour prendre soin de nous, on était juste présent… Et si on méditait ?

Un incroyable reportage, à voir et à revoir : Les étonnantes vertus de la méditation