La honte

« La phénoménologie insiste sur le fait que ce que l’on appelle « phénomène » ne se limite que rarement à ce qui apparaît, à ce qui est vécu comme un donné. Il est la plupart du temps nécessaire de se livrer à un véritable travail d’explication, de dépli, afin de permettre au phénomène d’apparaître.

Ainsi en est-il de la honte : parfois consciente et éprouvée comme émotion, parfois confondue avec la culpabilité, parfois ressentie sous des formes atténuées comme la pudeur, l’embarras ou la timidité, souvent aussi non consciente, non identifiée, non formulée mais néanmoins essentielle, elle peut alors n’apparaître qu’au terme d’un travail de mise à jour dont la psychothérapie peut fournir l’occasion. Il importe donc de différencier la honte éprouvée, apparentée aux émotions, et la honte essentielle, ou existentielle, qui, comme l’angoisse existentielle, peut constituer un fond permanent, arrière-plan de nombre d’expériences conscientes.

La honte concerne la façon dont nous sommes et avons été accueillis, acceptés et reconnus par notre environnement significatif. Elle désigne un vécu d’indignité, de faiblesse, d’impuissance, d’inadéquation, de dépendance, de fragilité, d’incohérence sous le regard de l’autre : « Tel que je suis, je ne suis pas digne d’appartenir à la communauté des humains. » En cette formulation se trouve résumée la double dimension de l’expérience : une dimension identitaire et une dimension de lien et d’appartenance. La honte est déficit de reconnaissance et, par là même, rupture de lien. »

« Le changement social commence à deux – Études pour la psychothérapie », Jean-Marie Robine et « Psychopathologie en gestalt-thérapie », ouvrage collectif, sous la direction de Gianni Francesetti, Michela Gecele et Jan Roubal, deux ouvrages parus aux éditions l’exprimerie.

 

 

Accueillir une émotion

Une émotion qui apparaît, c’est comme une amie qui vient frapper à la porte pour vous livrer un message important…
Prenez-vous le temps de lui ouvrir et d’écouter ce qu’elle a à vous dire, avec amitié et bienveillance ?
Voici l’extrait d’un joli petit guide qui peut vous y aider.
Sources : Kaizen Magazine  et la talentueuse illustratrice Art-Mella

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Foutez-vous la paix !

1540-1« La vraie sagesse ne consiste pas à enfouir ses émotions, ni non plus à les exposer. Elle implique d’entrer en rapport avec elle, de les écouter, de reconnaître ce qu’elles disent pour déterminer le vrai du faux. (…)
Je ne connais pas de meilleur moyen pour se libérer d’un symptôme que de le prendre à pleines mains. D’aller au bout de sa phobie, de son anxiété, de leur faire face, même et surtout si elles nous font peur. Je suis en colère ? J’oublie l’injonction du lâcher-prise qui est en elle-même le contraire du lâcher-prise. Je ne lâche pas prise, je me fous la paix !
Je ne fais rien, je laisse être ce qui se passe sans le réprimer. Je ne juge pas ma colère, je ne la commente pas, je ne l’autorise pas, je ne l’interdis pas non plus : je prends le risque d’en faire l’épreuve.
Je la goûte même si elle me blesse. L’apaisement vient alors souvent, mais il n’est pas le calme que l’on veut nous imposer en étouffant artificiellement ce que nous sommes en train de vivre.
Tel est le fondement même de la méditation : elle n’est ni une tisane, ni une pilule magique, mais un travail réel avec la douleur, la confusion, les émotions. Elle nous enseigne à les observer telles qu’elles sont (…). A rencontrer tout ce qui nous empêche de nous foutre réellement la paix, à dire bonjour à ce qui est blessé en nous, à dire bonjour à la vie en soi. »

 

Repérer un pervers narcissique

« Grand bien vous fasse », Ali Rebeihi – France Inter
« Comment repérer et se libérer d’un pervers narcissique »

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René Magritte

Une des armes les plus redoutables des personnalités perverses ou manipulatrices est la « double contrainte » ou « injonction paradoxale ».

L’injonction peut être créée par une contradiction entre une affirmation verbale et un comportement non verbal qui vient le contredire : donner une information ou formuler une demande et son contraire… ce qui met la victime dans une position impossible, surtout quand il y a des liens affectifs.

Par exemple, un compagnon manipulateur pourrait dire « Je suis fier d’être avec toi, tu es magnifique. » Et à un autre moment : « Essaie d’être belle », ce qui sous-entend que sa compagne ne l’est naturellement pas.

Dans la tête de la victime, il y a comme une sidération, une incompréhension et combler ce fossé pour construire une cohérence installe l’emprise et peut rendre fou quand ces informations contradictoires sont répétées au fil des jours.
La victime n’est jamais au bon endroit, n’a jamais la bonne attitude, quoi qu’elle fasse.
C’est l’amour qui passe dans le discours, alors que les actes témoignent du contraire…

Emission à écouter pour trouver quelques appuis et éclaircissements au sujet de cette pathologie et sortir des relations toxiques.

A lire également :

« Le harcèlement moral » Marie-France Hirigoyen, « Les pervers narcissiques », Jean-Charles Bouchoux et Anne Clotilde Ziégler, « Pervers narcissiques, bas les masques ! »

 

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De l’importance des langages du corps…

De l’importance d’écouter les langages du corps pour rejoindre l’autre dans sa vérité et ses profondeurs…

« En thérapie, il s’agira pour le praticien d’être attentif à la manière dont la relation l’éprouve et comment cet éprouvé lui donne à savoir quelque chose de la relation, voire comment cet éprouvé lui donne à savoir que là maintenant le patient vit – peut-être – quelque chose de semblable.
L’écoute offerte dans une posture gestaltiste passe bien sûr par l’ouïe, mais surtout par le regard et la sensation. (…)
C’est en quelque sorte résonner à l’expérience du patient. Etre en résonance dans l’ouvert de la rencontre et non pas en raisonnement. La manière dont nous sommes affectés dans notre chair est une donnée précieuse pour accéder à la réalité de l’autre. »

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Revue Gestalt, N°48-49 « Au bord de la rupture « 

« Prendre appui résolument sur l’éprouvé »
« Un texte de Marie Léon sur l’éprouvé du thérapeute : quelle est la place de cet éprouvé dans le processus thérapeutique, pourquoi s’y intéresser et s’en servir, comment le mettre au service de la personne accompagnée…
Voilà quelques unes des questions auxquelles Marie Léon s’essaie à répondre avec toute sa finesse et sa sensibilité clinique. » – Édito d’Anne Carpentier et Emmanuelle Gilloots.

La présence

« La présence du thérapeute est sa donation la plus précieuse. Cette présence active et mobilisatrice fournit au patient une forme de soutien et de sécurité, condition minimale pour établir ou rétablir un lâcher-prise, une respiration, une circulation.
Joseph Zinker* décrit joliment cette disponibilité : « La présence fait allusion à cet état particulier d’être pleinement là, de tout notre être, corps et âme. C’est une façon d’être, sans rien faire. La présence implique d’être ici pleinement, ouvert à toutes les possibilités… La présence du thérapeute est le « fond » sur lequel la figure d’un autre self peut s’épanouir, briller, ressortir totalement et clairement. »

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Chantal Masquelier-Savatier, « La Gestalt-thérapie » – Que sais-je ?

Joseph Zinker* est l’un des pionniers de la Gestalt-thérapie, il a beaucoup contribué à faire connaître la Gestalt-thérapie dans le monde entier. Il est l’auteur de « Se créer par la Gestalt » – 1981, Les Éditions de l’Homme, « Le thérapeute en tant qu’artiste, écrits de 1975 à 2001 » – 2006, L’Harmattan, « La Gestalt-thérapie, un processus créatif  » – 2006, InterEditions.

Exister, voyage gestaltiste…

arton85-0af1a« … pour que le thérapeute puisse conforter ou modifier ses conceptions quant à l’exister humain du patient, il aura lui-même, en tant que thérapeute, à exister avec ses patients d’une manière cohérente avec lesdites conceptions, faute de quoi il se définira simplement comme engagé à faire travailler l’autre et non comme engagé avec l’autre, alors que précisément la notion même d’engagement avec l’autre est sans doute centrale pour toute approche existentielle.
Exister implique en effet toujours de l’autre, mais surtout de l’autre coexistant, chacun contribuant à l’exister de l’autre… »

Introduction de Jacques Blaize, gestalt-thérapeute didacticien, agrégé de philosophie, dans l’ouvrage de Yaqui Andrés Martinez « Philosophie existentielle pour psychothérapeutes et autres curieux », publié aux éditions de l’exprimerie.

Yaqui Andrés Martinez est psychologue et titulaire d’un doctorat en psychothérapie, fondateur et directeur du Circulo de Estudios en Psicoterapia Existencial, au Mexique.


Notre rencontre est chaque fois singulière et unique à ce que nous sommes, faite de toi, faite de moi, faite des représentations que nous avons de nous-mêmes autant que de celles que nous avons de l’autre, chargée des multiples expériences de vie que nous avons traversées et qui nous font construire le monde de manière particulière, chacun porteur de son univers.
Ton exister particulier fait mon exister particulier, parce que c’est toi, parce que c’est moi…
Avec un autre, il prendrait alors, à n’en pas douter, une tonalité différente, symphonie des chemins qui cheminent, cheminant ensemble, parfois.
Goûtons et savourons l’étonnement de l’apparaître de cette rencontre-là, à ce moment-là… Un instant.

Voyage gestaltiste au coeur de l’ici et maintenant… et du vivant.

L’empathie en thérapie

Qu’est-ce qu’un bon psy ?

Cet épisode des « Nouveaux chemins de la connaissance » aborde l’empathie dans le cadre de la thérapie, plutôt d’un point de vue psychanalytique, même si la réflexion du Dr Serge Tisseron ouvre à une vision plus large du travail thérapeutique et de l’importance de l’empathie vécue et exprimée par le thérapeute envers le patient.

Le lien vers l’émission : Qu’est-ce qu’un bon psy ?

Pour un apport plus gestaltiste, je citerai Jean-Marie Delacroix
dans son article « Intercorporalité et aimance du thérapeute » – 
Cahiers de Gestalt-thérapie N°28, L‘amour, un hors sujet ? » :
 
« Qu’est-ce que l’empathie ? C’est la capacité du thérapeute à sentir à l’intérieur de lui un aspect du monde intérieur du patient ou de son état du moment. Et donc à en avoir connaissance, et sans se perdre en lui.
Ce concept d’empathie me semble être complètement en cohérence avec la vision contemporaine de la Gestalt en tant que thérapie relationnelle et avec la question des ressentis, des affects et de ce qui circule entre les deux, tout cela vu dans une perspective de champ.
Si le thérapeute est empathique, cela suppose qu’il soit là, présent, centré à la fois sur lui, sur le patient, et sur ce qui se passe entre les deux. Le thérapeute emphatique est un thérapeute « aware ». Il est à la fois récepteur et capteur de quelque chose qui appartient à l’autre, et parfois aussi de « choses » qui flottent dans le champ, même si cela peut résonner aussi en lui à un niveau plus personnel. »

Les psys se confient

A écouter ou réécouter « Les psys se confient », sujet de l’émission « La Tête au Carré », sur France Culture :

« Pour la première fois, des psys racontent leur parcours et leur vie intérieure.
Parce qu’ils ont réfléchi à leur passé, à leurs valeurs et à leurs motivations, parce qu’ils exercent un métier qui leur donne accès aux ressorts secrets de nos pensées, leurs récits nous aident à mieux nous comprendre, à changer et à mieux vivre… »
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-les-psy…

« Les psys se confient » – ouvrage paru chez Odile Jacob, sous la direction de Christophe André :

 
Christophe André évoque la révélation de soi.
En gestalt-thérapie, on parle plutôt de dévoilement.

Nombre d’articles ont questionné ce dévoilement et sa pertinence : au service du patient pour nourrir le processus thérapeutique ou utile au thérapeute pour apaiser sa propre anxiété ? De multiples hypothèses se rencontrent ici et amènent à manier le dévoilement avec prudence.

Pour aller plus loin, l’article de Jean-Marie Robine « Quelle figure dévoiler ? » publié, notamment et entre autres, dans la revue Gestalt, n°33, « Se dévoiler », que vous pourrez retrouver gratuitement ici : https://www.cairn.info/revue-gestalt-2007-2-page-25.htm