Vivre, cette incertitude…

Nous avons passé l’habituel cap du 1er de l’an, et depuis je me questionne sur ce que je pourrais dire ou souhaiter.

Hier soir, en terminant « La sagesse espiègle », le dernier livre d’Alexandre Jollien, il y a eu comme un souffle nouveau, une respiration plus ample.

Voilà la formule que j’en retiens et que j’ai fait mienne pour maintenant, et peut-être deviendra-t-elle d’ailleurs aussi mon mantra pour cette année… et les suivantes : « C’est le bordel, mais il n’y a pas de problème. »

Drôle de temps que cette période où nous ne savons plus où poser notre regard pour trouver sécurité, ni même où tendre l’oreille pour trouver réconfort. Cette crise inédite nous divise, il est inutile d’aller très loin pour s’en rendre compte, mais il y a bien une chose sur laquelle nous pouvons tous tomber d’accord : C’est le bordel.

Cher Alexandre, je vous dis merci !

De nous offrir une plongée dans l’incertitude, le trouble, le chaos, les doutes, le tiraillement, la densité émotionnelle.

De nous convoquer à la vie telle quelle, crue, rugueuse, aussi jolie et poétique que difficile à regarder, à accepter. La vie, bien sûr, et nous en miroir, en tant qu’humains cheminant, hésitant, usant parfois de tendresse bouleversante et si souvent de violence… envers nous-même, envers les autres, envers le monde.

Oui, c’est le bordel… et s’il n’y avait pas de problème ?

Je mesure bien que cela pourrait être pris comme une provocation, mais pourtant, c’est bien le propre de nos vies, traverser les chaos et les dénivelés, apprivoiser nos ombres et nos troubles, reconnaître nos lumières autant que nos bassesses et nos lâchetés.

Vivre, cette incertitude… Tout va, tout passe. Nous barbotons dans cette impermanence, il serait vain de combattre ce qui fait l’essence même de l’existence. Vouloir s’accrocher à des certitudes, c’est arrêter simplement la danse de la vie.

2020, tu as ébranlé nos repères, secoué nos habitudes, et si nous pouvons t’en vouloir pour ta brutalité soudaine, il faut reconnaître que tu nous as recentrés sur l’essentiel, tu nous as obligés à questionner le sens de nos agitations, de cette course folle en apnée. Toujours plus, encore plus… de biens, d’argent, de performance, toujours plus de temps à perdre nos vies à la gagner. Et si, 2020, par ta grande sagesse, espiègle comme dirait l’autre, tu nous obligeais à plus de coeur, plus de vérité, plus d’engagement, plus de conscience ?

Ma prescription spéciale 2021 :

  • Cultivez l’incertitude, c’est la vie même;
  • À la manière de Sénèque : Apprenez à danser sous la pluie : si cet orage-là passe, un autre lui succédera bientôt;
  • Riez de bon coeur et de tout, surtout de vous-même : vivants, nous sommes d’éternels apprentis;
  • Cessez la lutte constante et surfez avec souplesse les vagues existentielles : les crêtes et les creux de l’océan en font toute la beauté;
  • Doutez de ce qui est posé comme vérité, tout autant que de vos propres vérités : utilisez intelligence et discernement;
  • Choisissez d’incarner vos valeurs, ne cédez pas trop vite votre pouvoir aux illusions;
  • Refusez d’être contrôlés par la peur… écoutez-la, mais voyez combien son discours est limité;
  • Aimons-nous, embrassons-nous, rapprochons-nous, prenons soin de nos liens…
  • Chantez, partagez, revendiquez votre vérité singulière;
  • Et pensez-y chaque jour : C’est le bordel, mais il n’y a pas de problème.

Nous restons en lien, par ici ou par là ! ∞